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adversaires. Elle a déjà bouleversé l'Italie et elle menace l'Europe.

J'avais défendu la Confédération italienne et le traité de Villafranca. Plus on s'en éloigne, plus on sent qu'il y faudra revenir; on diffère sur le mode et le temps ; mais au fond, pour les esprits prévoyants, c'est le seul dénoûment durable.

J'avais repoussé l'introduction du Code Napoléon à Rome : les jurisconsultes romains m'ont remercié d'avoir justifié leurs institutions, et chez nous de graves magistrats m'ont écrit que c'était pour la France le temps d'améliorer, et non d'importer ses lois.

Tout en soumettant avec respect quelques idées de réforme à la libre initiative du Saint-Père, j'avais rappelé que les concessions imposées ne satisfont jamais les peuples et ne servent jamais les rois : on a vu ce que veulent ceux qui les exigent et ce que deviennent ceux qui les font.

Enfin je m'étais élevé contre le principe absolu de non-intervention qui détrône le droit, consacre la violence et inaugure le culte de l'impunité sociale. Le Piémont s'est chargé de confirmer mes paroles, en intervenant pour la révolution et en mettant l'Europe au défi d'intervenir pour l'ordre et la justice.

L'Europe a déjà relevé le défi en s'armant pour la Syrie ; refusera-t-elle à l'Italie le secours qu'elle en

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AVERTISSEMENT DE LA DEUXIÈME ÉDITION. voie à l'Orient, ou fera-t-elle pour le droit des gens violé ce qu'elle entreprend pour l'honneur de l'humanité ?

Telle est la question palpitante du moment.

Dans de telles circonstances je ne pouvais hésiter plus longtemps. Je me suis décidé à publier une seconde édition.

Rien n'a été changé dans le fond même du livre ; il renferme des prévisions qu'il faut lire telles qu'elles ont été écrites pour qu'elles puissent être sincèrement comparées avec les faits réalisés depuis. Toutefois j'ai tracé à la suite de l'ouvrage les considérations nouvelles que m'ont inspirées les événements récents et l'aspect actuel de l'Europe. La gravité de la situation commandait un nouvel effort. Plus le péril presse, plus il appelle de dévouement et de persévérance.

J'ai tenu à montrer une fois de plus que les principes n'ont pas de date. Pour les révolutions qu'un jour emporte, la vérité vient quelquefois trop tard; pour les institutions qui fondent l’avenir, elle arrive toujours à temps.

Lyon, 2 octobre 1860.

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Depuis dix ans, j'ai souvent visité l'Italie. J'ai longtemps habité Rome ; j'ai appris à la connaître, par conséquent à l'aimer; je m'y suis attaché par mes travaux, mes deuils, mes consolations, surtout par le souvenir d'une auguste bienveillance et d'une noble hospitalité. Rome est notre capitale à tous : tous les catholiques peuvent se dire citoyens de Rome.

Rentré dans ma ville natale, je voulais écrire mes impressions sur la patrie romaine.

J'avais admiré les monuments de sa foi et de son histoire. Rome vit par l'avenir comme par le passé ;

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c'est la ville des ruines qui durent toujours, des promesses qui ne meurent jamais.

Mais j'avais surtout observé sa physionomie présente, étudié ses institutions et ses lois ; je méditais de lui offrir un hommage d'admiration raisonnée, un essai de respectueux conseils. Ces deux tributs me semblaient également dignes de sa grandeur et de ma reconnaissance.

De tels travaux eussent fait le charme de ma retraite, l'honneur de mes dernières années.

C'est au moment où j'allais entreprendre cette cuvre laborieuse qu'un devoir plus impérieux s'est imposé à moi. Depuis longtemps je voyais se former une coalition redoutable de préjugés et de passions contre Rome, surtout contre la Papauté, qui fit sa gloire et qui sera toujours sa force et sa vie. En d'autres jours, j'eusse pu me fier au temps, qui dissipe l'erreur et confond la calomnie. Mais le temps n'est à personne ici-bas, et Celui à qui seul il appartient lui imprime aujourd'hui une rapidité foudroyante; il semble nous en retirer l'expérience et ne nous en laisser

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ravages. La tempête qui grondait sur Rome a soudaine" ment éclaté.

On a attaqué la souveraineté de son Pontife, 'le

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principe de ses lois, le caractère de son gouvernement.

On a dit que le pouvoir temporel des Papes avait fait son temps, et que le jour était venu où il devait disparaître pour toujours devant l'avénement de l'unité italienne.

On a avancé que les lois de Rome étaient aussi devenues, un anachronisme, et que l'esprit du siècle appelait le Code Napoléon à régner à leur place.

Enfin on a demandé la transformation du gouvernement qu'on accuse de ruiner et d'opprimer les peuples.

Et on a prétendu parler au nom de l'Italie, de la France, de l'Europe.

Cette triple attaque a dicté le plan de cet écrit.

J'ai consacré la première partie à défendre la souveraineté du Pape contre l'envahissement de l'unité italienne ; j'ai rappelé son origine, ses droits, ses bienfaits.

Dans la seconde, j'ai soutenu le système des lois romaines contre l'importation du Code Napoléon à Rome.

Dans la troisième, j'ai justifié le gouvernement des États de l'Église de tant d'accusations téméraires ; j'ai retracé ses qualités, indiqué ses imperfections, opposé les sages réformes qui peuvent le

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