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jurer les petitesses comme les fureurs de l'esprit irré ligieux. Il est temps de revenir à des idées plus saines, plus morales, plus sociales. La religion est un besoin de tous les hommes. Tous sont intéressés à ce qu'elle soit honorée et suivie. Un systême contraire tiendroit encore aux idées révolutionnaires, au délire philosophique, à ces temps de vertige et de licence, où l'on vouloit briser tous les liens, et détacher l'homme de toutes ses affections. Ceux qui seroient fâchés de voir le clergé considéré, seroient apparemment les mêmes qui, trompés par leurs préventions, ou égarés par l'esprit des dominateurs d'alors, se consoloient, peut-être, de le voir misérable, proscrit, outragé. Mais les ames honnêtes, mais les cœurs sensibles, mais les têtes sages, doivent souhaiter que les ministres de la religion recouvrent cette influence qui rend leur ministère l'appui du pauvre, la consolation du malheureux, le lien des familles, la sûreté de l'Etat, le noeud sacré qui unit les sujets au souverain, la voix éloquente qui instruit chacun de ses devoirs. Il n'y a rien là qui doive éveiller la jalousie ou inquiéter la prévoyance. Les prêtres voudroient pousser plus loin leurs prétentions qu'ils ne le pourroient pas. Ils voudroient régner qu'ils seroient repoussés par l'opinion générale. On se soulevcroit contre leur ambition pour peu qu'ils en manifestassent. Tant de gens se soucient peu de leurs fonctions essentielles, et déclament contre leur influence la plus raisonnable et la plus nécessaire : que seroit-ce si on les voyoit usurper des fonctions qui leur sont étrangères, et aspirer à un pouvoir qui n'est pas de leur ressort? Une pareille tentative donneroit trop beau jeu à leurs détracteurs. Mais cette supposition est chimérique. Les prêtres ne réclament que les droits

et les priviléges qu'on ne peut leur refuser sans injustice. Ils ne demandent qu'une entière liberté de faire le bien, que l'exercice tranquille de leur ministère, que l'espoir d'être encouragés et protégés. Ces avantages, ils ont droit de les attendre d'un Monarque pieux, qui honorera en eux les ministres de la religion qu'il professe et qu'il aime; mais qui en même temps trouvera dans ses lumières acquises, dans son caractère ferme, dans ses intentions pures, tous les moyens nécessaires pour nous gouverner sagement, sans avoir besoin de se laisser dominer luimême, et de recevoir autre chose que des conseils que sa prudence ne lui fera point négliger, mais qu'il pesera avec discernement, et dont il fera l'usage que lui indiquera son expérience.

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Espérons tout d'un Prince, qui, en même temps qu'il a montré pour nous une bonté paternelle et une sensibilité vraie, a déjà, en plusieurs rencontres, déployé pour notre bien une fermeté et une énergie qui doivent nous donner la plus grande confiance. Des bruits qui paroissent fondés, nous ont appris que dans les discussions sur la paix, il a su allier les ménagemens et la vigueur, les égards qu'il devoit à ses nobles alliés et les justes droits de sa couronne, et qu'il a défendu nos intérêts avec cette chaleur et cette force que lui inspirent, et ses sentimens paternels, et son désir de nous rendre heureux. Nous le serons, en effet, si nous consentons à le devenir, si nous calmons cette agitation qui nous tourmente, si nous imposons silence à nos murmures imprudens et à nos alarmes irréfléchies, et si, sortant, enfin, de ce tourbillon qui nous emportoit, libres de cette fermentation intérieure dont nous étions le jouet, nous avons la sagesse de nous laisser conduire au

port, et de souffrir qu'on nous sauve et qu'on nous rende le repos, la liberté, et tous les biens d'une administration stable, juste et paternelle.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.

Nous apprenons, par une voie respectable et sûre, que le Pape a envoyé à Montefiascone un vicaire apostolique, chargé de gouverner le diocèse, avec ordre, si M. le cardinal Maury se présentoit dans sa ville épiscopale, de lui signifier qu'il eût à se rendre, au plutôt, à Rome. Nous ne faisons aucune réflexion sur ce fait, nous réservant d'entretenir quelque jour nos lecteurs du détail des griefs nombreux que le Saint-Siége, et particulièrement le Pape régnant, est en droit d'articuler contre un homme qui a semblé prendre plaisir à avilir la pourpre.

Le souverain Pontife a adressé, le 4 mai, à ses sujets une proclamation datée de Césène. Elle est ainsi conçue : << Les desseins de la miséricorde divine sur nous se sont enfin accomplis. Précipités de notre siège pacifique avec une violence inouie, arrachés à l'amour de nos chers sujets, traînés de contrée en contrée, nous avons été condamnés à gémir dans les fers pendant près de cinq années. Nous avons versé dans notre prison des larmes de douleur, premièrement pour l'Eglise confiée à nos soins, parce que nous en connoissions les besoins sans pouvoir lui porter secours; ensuite pour les peuples qui nous sont soumis, parce que le cri de leurs tribulations parvenoit jusqu'à nous sans qu'il nous fût possiblede leur donner des consolations. Les profondes amertumes de notre affliction et de notre douleur étoient néanmoins tempérées par la ferme confiance où nous étions, que le Dieu très-miséricordieux, justement irrité par nos péchés, s'appaiseroit un jour, et qu'il leveroit son bras tout-puissant pour briser l'arc ennemi tendu contre

nous, et pour rompre les chaînes qui entouroient son vicaire sur la terre. Notre confiance n'a point été trompée; l'orgueil humain qui, dans sa folie, prétendoit s'égaler au Très-Haut, a été humilié, et notre délivrance, qui étoit aussi le but des généreux efforts de l'auguste coalition, s'est opérée par un prodige inattendu.

>> Reconnoissant que nous devons tout à cette toutepuissante Providence qui règle souverainement les destinées de l'homme, nous ne nous lasserons jamais de la bénir et de chanter ses louanges.

>> Nous avons consacré les prémices de notre liberté au bien de l'Eglise. Cette Eglise, qui a coûté à son divin fondateur le prix de tout son sang, devoit être le premier objet de notre sollicitude apostolique.

» A cet effet, nous avions voulu accélérer notre retour dans la capitale, soit comme étant le siége du Pontife romain, pour nous y occuper des grands et nombreux intérêts de la religion catholique, soit comme étant la résidence de notre souveraineté, pour y satisfaire plutôt l'ardent désir que nous avons d'améliorer le sort de nos bons sujets; mais des raisons plausibles nous en ont empêché jusqu'à présent. Encore un peu de temps, et nous les presserons contre notre sein, comme un tendre père, après un long et pénible pélerinage, serre étroitement ses enfaus biens-aimés.

» En attendant, nous nous faisons précéder par un délégué, qui, en vertu d'un écrit spécial de notre main, reprendra pour nous, et respectivement pour le SaintSiége apostolique, tant à Rome que dans nos provinces, conjointement avec les autres délégués subalternes déjà choisis par nous, l'exercice de notre souveraineté temporelle, si essentiellement liée à notre indépendance et notre suprématie spirituelle. Il procédera, de concert avec une commission d'Etat, par nous nommée, à la formation d'un gouvernement intérieur, et prendra, autant que les circonstances le permettent, toutes les mesures qui pourront contribuer au bonheur de nos très-fidèles sujets.

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» Que si, d'après le résultat d'arrangemens militaires concertés, nous ne pouvons reprendre, dès ce moment, l'exercice de notre souveraineté dans toutes les autres possessions de l'Eglise, nous ne doutons pas que nous n'y rentrions au plutôt, non moins plein de confiance dans l'inviolabilité de nos droits sacrés (auxquels nous n'entendons porter la moindre atteinte par le présent acle) que dans la justice éclairée des invincibles souverains alliés, de qui nous avons déjà reçu des assurances positives et consolantes.

>> Ministre de paix, nous exhortons tous nos sujets à rivaliser de zèle pour conserver la tranquillité, qui est le voeu le plus cher de notre coeur. Si quelqu'un osoit la troubler, sous quelque prétexte que ce fût, il sera irrémissiblement puni selon toute la rigueur des lois.

» Nous déclarons à nos sujets que, s'il en est parmi eux qui se soient rendus coupables de quelque délit, il n'appartient qu'à notre autorité souveraine d'examiner s'il y a délit, de quelle nature il est, et d'y proportionner la peine. Qu'ils soient donc tous, comme ils doivent Fêtre, des fils obéissans; qu'aucun d'eux n'ose s'arroger notre autorité paternelle, et que tous soient subordonnés aux lois et à la volonté du commun.

» Dans la confiance où nous sommes que nos bons sujets se conformeront avec fidélité à nos intentions souveraines et paternelles, nous leur donnons de tout notre coeur la bénédiction apostolique.

» A Césène, le 4 de mai 1814, de notre pontificat l'an 15». PIE, P. VII.

-On fait successivement dans toutes les églises de Paris, des services funèbres pour Louis XVI, pour la Reine, pour le Roi leur fils, et pour Mme. Elisabeth. La 'piété des fidèles s'empresse de prendre part à ces actes de religion, et d'expier, en quelque sorte, par leurs prières, le crime commis envers ces augustes personnages. Des discours analogues ont été prononcés en plusieurs églises.

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