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été chargé. Il me sera peut-être possible de me procurer et de vous envoyer par la suite la plupart de mes rapports sur les Finances. Quant à ma correspondance diplomatique, quelques

. parties détachées seulement ont été publiées par ordre du Congrès, et j'ai ajouté au volume (2) la discussion des droits de l’Angleterre et des États-Unis sur les contrées au-delà des montagnes Rocky et qui s'étendent sur l'Océan Pacifique entre les 42e et 56e degrés de latitude.

A l'exception près des recherches sur les Indiens, tous mes écrits ne sont que des ouvrages de circonstance dans lesquels on peut trouver quelques vues saines et générales, mais qui se rattachent à ma carrière politique et n'ont eu qu'une importance locale et momentanée. Je ne regrette point que telle ait été ma destinée; je n'avais pas les talents nécessaires pour cultiver avec succès les lettres ou les sciences ; et mes facultés ont été probablement employées plus utilement dans la vie active où j'ai été jeté et pour laquelle j'étais plus propre.

La dernière révolution de Genève m'a profondement affligé; je n'en connais point le résultat et vous m'obligeriez infiniment si vous pouviez m'envoyer quelqu'écrit qui en traçat les causes, les détails et les effets. Il ne m'appartenait pas de donner des avis pendant mon séjour à Genève en février, 1814. Je ne pus cependant m'empêcher d'exprimer à quelques amis les craintes que m'inspiraient l'accroissement de territoire qu'on désirait et les dispositions singulières par lesquelles on avait restreint et entravé le droit de suffrage.

Genève n'a subsisté comme état indépendant que par une force purement morale à laquelle douze mille âmes de plus n'ajoutaient rien. Je craignais la malveillance des puissances qu'on dépouillait et surtout la difficulté d'amalgamer une population ignorante et catholique avec la nôtre. Cette dernière considération me paraissait beaucoup plus grave que l'inconvénient des enclaves. Mes désirs aurait été satisfaits par une lisière le long du lac qui rendit Genève limitrophe de la Suisse, et du côté de la Savoye par l'acquisition de Landessi et des autres hameaux protestants abandonnés par le traité de 1764.

Quant à la constitution, j'avais cru comprendre que les dispositions qui entravaient le droit de suffrage n'étaient que pro

visoire. Du moins M. le Syndic Desarts m'avait dit qu'on ne les avait adoptées qu’afin d'exclure des emplois publics ceux qui avaient été impliqués dans les meurtres judiciaires de l'an 1794. Et je m'étais flatté que ce qu'il y avait de défectif serait corrigé par degrés, tranquillement et légalement. L'ancienne aristocratie de Genève s'était toujours distinguée par ses lumières, ses talents, son désintéressement et son excellente administration. Je suis sûr que ses descendants qui ont gouverné pendant les 27 dernières années, ont marché sur ses traces et n'ont rien laissé à désirer sous aucun de ces rapports. Mais je crains qu'ils n'aient pas pu se guérir d'un défaut qui semble être inhérent à tous les gouvernements, celui de ne pas se mettre au niveau de l'esprit du tems et des lieux, et de ne pas sentir la nécessité de prévenir les révolutions par des réformes spontanées. J'espère encore humblement que la Providence qui a créé, conservé et protégé la République ne l'abandonnera pas dans cette crise dangereuse, et que

, la sagesse et le patriotisme éclairé des membres de l'assemblée constitutionnelle surmonteront les grandes difficultés de la tâche qui leur est imposée.

GALLATIN TO THOMAS RITCHIE.

NEW YORK, August 2, 1842. SIR, -In compliance with your request, I send you by mail a copy of the argument in support of the right of the United States to their North-Eastern boundary as heretofore claimed by them.

I had been engaged in collecting the evidence and preparing the statements laid by the United States before the King of the Netherlands, and bestowed more time on that than I ever did on any other subject. I investigated it more thoroughly, I believe, than any other individual, and, I may be permitted to add, with a pure love of truth and justice and perfect impartiality. The result has been a thorough conviction that Great Britain had not even the shadow of a claim; and I think the equivalent offered to be inadequate. Yet, and though personally disappointed, I am clearly of opinion that the public interest requires that the treaty should be ratified.

:

England has been fifty years in possession of the inhabited part of the disputed territory, a circumstance which, connected with the award of the King of the Netherlands, renders it difficult for her government, even if so inclined, to do us justice, and would have its weight with any new arbiter that might be selected. The arrangement being founded on a supposed equivalent, the principal part of which is of an indefinite value, may be accepted without wounding the honor of the country. And since the acquiescence of Maine, the party most interested, removes the great obstacle to an accommodation, I would think it not only unwise in the present situation of the country, but quite unjustifiable, to run the risks incident to a failure of the pending negotiations.

It is unnecessary to dwell on the calamities and baneful effects of war, on its wickedness unless in defence of sacred rights ; but the positive benefits arising from the confirmation of the arrangement deserve also consideration : 1. The settlement of this vexed question will have a tendency to create better feelings between two kindred but rival nations, and lead to a final adjustment of the other subjects of difference. 2. A period of peace is at this time of the highest importance to us, for the purpose of restoring not only the finances by equalizing the receipts and expenditures of the general government, but also the public credit-I should say the public faith—of the several States, as well as private credit and confidence, all which are prostrated to a degree which affects materially the national character.

I know the terms of the treaty only from the newspapers. A note in pencil on the map A, annexed to the pamphlet, will show how I understand them.

I have not received the Richmond Enquirer mentioned in your letter. Your determination not to be governed on this occasion by party feelings is highly commendable. The sacrifice, however, is not great. You may rely on the Whigs (s0 called) for destroying themselves without your aid. It is a second edition, not improved, of the conduct of the Federalists in 1798.

I have, &c.

Although I have nothing to conceal, at my advanced age (82) and with a weak health, I want quiet, and do not wish to be conspicuous in newspapers.

GALLATIN TO FRED. DE PEYSTER.

New YORK, October 22, 1842. SIR, I had the honor to receive your letter informing me that I had been elected a resident member of the New York Historical Society. This alone would have been gratifying to me; but I pray you to present my thanks to its members for the unusual and very kind manner in which I was chosen. I wish I could in return do something towards promoting the objects of the Society; but, independent of other circumstances, the increasing difficulty I experience in reducing my ideas to

I writing seems to forbid the hope of my being able to produce anything worthy of the public attention.

I pray you to accept the assurances of the high consideration, &c.

GALLATIN TO LOUIS PICTET, GENÈVE.

NEW YORK, le 23e octobre, 1842. MONSIEUR,–... Il n'y a que quelques jours que j'ai reçu les divers projets, le rapport de la commission et la constitution de Genève, telle qu'elle a été adoptée, que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Je regrette encore plus la manière dont cette révolution s'est opérée que son résultat. Quelqu’accoûtumé que je sois au suffrage universel, je dois dire d'après notre expérience que ses effets sont plus nuisibles et plus dangereux dans l'administration et le gouvernement d'un cité, que dans ceux d'un grand pays. Mais s'il y avait nécessité absolue de considérer ce principe

y comme un fait déjà accompli, il me paraît que vous avez tiré tout le parti possible des circonstances où vous étiez placés et que

la constitution est beaucoup meilleure qu'on n'avait droit de l'espérer. Le rapport de la commission aborde toutes les questions avec franchise et elles y sont discutées avec un profondeur et un talent remarquables. Il y a pour l'avenir bien des sujets de crainte; mais l'espérance n'est pas perdue là où on peut parler ainsi au peuple et le convaincre par la raison sans en appeler à ses passions. L'embarras d'une population catholique est devenue inévitable; mais elle ne peut s'amalgamer que difficilement, et elle dérange un des principaux éléments de la considération morale dont Genève jouissait. Malgré toutes ces difficultés, il me semble qu'on est en général trop effrayé des innovations qu'amène l'opinion publique et l'esprit du siècle. J'ai vu le temps où vos ayeux et les miens croyaient la république perdue parceque le peuple leur avait arraché le droit de déplacer annuellement la sixième partie du conseil d'état; sans avoir cependant obtenu celui de choisir les remplaçants. Dans tous les cas je crois qu'au lieu de se retirer et de tout abandonner à quelques meneurs temporaires, il faut redoubler d'efforts, s'emparer de l'état des choses quel qu'il soit et apprendre l'art difficile, mais devenu partout nécessaire, de diriger dans un sens convenable au lieu de chercher à comprimer le formidable élément populaire, tant qu'il ne sort pas des voies légales et constitutionnelles. Le grand danger surtout dans les petits états est celui de l'appel à la force physique de ces émeutes qui renversent en un jour l'oeuvre des années; et c'est celui surtout qu'il faut prévoir et savoir prévenir. Nous venons d'en faire l'expérience dans le petit état de Rhode Island.

Il ne m'appartient pas de donner des conseils ; je vous raconte seulement ce que j'ai vu, un peu ce que j'ai tâché de faire; et quoique je n'ai pas toujours réussi, je crois que mes efforts n'ont pas été entièrement inutiles. J'ai donc vu avec grand plaisir votre nom, celui de Messrs. Naville et de beaucoup d'autres qui ne me sont connus que de réputation, parmi ceux qui ont coöpéré à la nouvelle constitution et qui continuent à se dévouer au service de la république. Avec la masse de lumières, de talents distingués, de vertus publiques et privées, dont Genève s'honore, j'ose encore espérer que la Providence qui a d'une manière presque miraculeuse conservé et protégé notre patrie, ne l'abandonnera pas entièrement, et qu'après des épreuves moins terribles que celles qu'essuyèrent vos pères, vous vous retrouverez placés dans

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